Futurisme, ode à la nature et influences préhistoriques : la saison PE25 selon Jan Agelink

Lorsque le prescripteur de tendances Jan Agelink a consigné ses prédictions pour les saisons à venir, une évidence s’est immédiatement imposée : l’industrie de la mode a besoin d’idées novatrices et d’innovation sous toute forme. Dans sa présentation en ligne baptisée “Future Formulas”, à laquelle FashionUnited a pris part, Jan Agelink a introduit les grandes tendances dans la mode à venir.
Il n’est pas anodin que le prescripteur commence sa présentation avec une œuvre de l’artiste américain Paul Chan. L’installation “Triosophia” représente trois tubes de couleur noire gonflés d’air qui évoquent un torse et des bras en mouvement. Elle symbolise les formes de tensions et de conflits dans laquelle la société est actuellement plongée. À travers son œuvre, l’artiste exprime notre désir de nous libérer les uns des autres, mais notre incapacité qui nous maintient liés et nous pousse à nous entendre.
Selon Jan Agelink, ce constat s’applique également au monde de la mode, qui est progressivement en train d’évoluer. Les petites marques, les écoles, les designers, les consommateurs et tous les acteurs intermédiaires perçoivent la mode de manière différente. On assiste à un regain d’intérêt pour l’artisanat, les belles matières et le design tandis que la durabilité joue un rôle de plus en plus importante. Toutes les étapes que nous avons franchies jusqu’à présent ont une influence », déclare le prescripteur de tendances, faisant entre autres référence au Green Deal mise en place par la Commission Européenne pour faire de l’Europe le premier continent neutre d’ici 2050. À partir d’une série d’événements et d’influences, Jan Agelink propose une recette pour construire l’avenir, à partir de trois ingrédients.
Paradox poetry
Le premier ingrédient nommé Paradox poetry (soit littéralement en français poésie paradoxale) évoque la peur. En matière d’ambiance visuelle, ce thème s’inscrit dans la continuité de l’exposition britannique “The Horror Show” qui invite le visiteur à envisager l’horreur au-delà d’un simple genre, en le considérant davantage comme une réaction à notre époque. L’horreur nous permet d’exprimer nos peurs, de les surmonter et d’imaginer un avenir différent, déclare-t-il lors de la présentation. Ce message se traduit dans la mode par des silhouettes longilignes au style futuriste avec des détails surréalistes.
La tendance est similaire à celle du “destroyed » aperçu quelques saisons plus tôt. Elle offre, de ce fait, une place de choix au denim, plus particulièrement upcyclé, à travers des pantalons de plus en plus amples. Les jeans sont associés à d’autres jeans ou à des tops volumineux qui contribuent à l’émergence de nouvelles formes. L’utilisation de sangles, adoptée par Glamcult et G-star, façonne également l’esthétique de ce premier thème.
Pour un look plus futuriste et surréaliste, Paradox poetry se tourne vers des impressions et des volumes exagérés. Lors du défilé printemps-été 2024 de la marque Jil Sander, les mannequins portaient des pièces avec des illustrations de chats démesurées. Le surréalisme se manifeste par la création de vêtements authentiques prenant d’autres formes. Pour son dernier défilé printemps-été, le créateur Rick Owens a quant à lui présenté plusieurs créations avec des épaules farfelues. Les couleurs phares de ce thème sont le blanc, le noir et le rouge foncé.
